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INFINIE TRISTESSE, EDGAR MORIN L’AFECTUEL ETERNEL – 8 JUILLET 1921 – 29 MAI 2026

LES HOMMAGES DU MONDE ENTIER SE MULTIPLIENT

À l’heure où le monde pleure un de ses plus grands esprits, Edgar Morin nous laisse en héritage une œuvre immense et un vide profond. Ses compagnons de route prennent aujourd’hui la plume pour lui rendre un dernier hommage. À travers leurs mots se dessine le double visage d’un homme exceptionnel : l’intellectuel visionnaire et « l’affectuel » passionné, dont la pensée n’a jamais cessé de vibrer pour l’humain.

UN MOMENT SENSIBLE AVEC EDGAR COMPAGNON DE PENSEE ET AMI DE COEUR 

Le soleil doux de cette fin d’été, tamisé par le feuillage dense des arbres de la place de la Canourgue à Montpellier, venait effleurer les tables de notre bistrot. L’atmosphère était calme, presque suspendue. Nous parlions à bâtons rompus de tout et de rien, avec cette liberté légère des conversations qui n’ont rien à prouver. Le regard d’Edgar demeurait vif, espiègle, intensément présent au monde. Derrière « l’affectuel », comme il aimait se définir, il y avait l’homme ; et derrière l’homme, une œuvre magistrale, capable tout à la fois de bouleverser les sensibilités et de déplacer les cadres mêmes de la pensée. Nous partagions un café au rythme des cigales. La crise du Covid appartenait déjà au passé ; nous nous amusions encore des dîners clandestins improvisés durant cette étrange époque. Les élections municipales approchaient. Nous parlions politique, complexité, aveuglements médiatiques. Nous savions combien intellectuels, chercheurs et responsables publics s’obstinent souvent à réduire le monde pour éviter d’avoir à penser son épaisseur. La complexité n’est guère vendeuse, et c’est peut-être son moindre défaut. Lorsque la conversation glissa vers l’éducation – ce naufrage silencieux – un simple échange de regards suffit à partager une complicité muette. La place poursuivait autour de nous sa lente respiration. Le bruissement de Montpellier nous enveloppait avec douceur. Des jeunes gens, des touristes, des retraités, des habitués refaisaient le monde à quelques tables de distance. Puis une inconnue s’approcha, hésitante, manifestement émue.

“Vous m’avez tellement inspirée que je voulais simplement venir vous saluer… “

Edgar lui répondit par ce sourire immense qui abolissait immédiatement toute distance. Il prit sa main avec chaleur, prolongeant quelques secondes cette rencontre improbable comme s’il s’agissait d’un instant essentiel. Chez lui, l’attention portée à l’autre ne relevait jamais d’une posture : elle était immédiate, instinctive, profondément incarnée. C’est peut-être cela que retiendront d’abord ceux qui l’ont côtoyé : cette capacité bouleversante à entrer en relation, à faire sentir à chacun qu’il existait pleinement dans le regard de l’autre. Sa fulgurance intellectuelle impressionnait ; sa présence humaine désarmait davantage encore. Sa spontanéité à se lever de sa Morin mobile, son scooter comme il aimait à préciser, au passage d’une manifestation en se déhanchant au rythme de la batucada. Il y avait chez lui quelque chose d’une enfance demeurée intacte derrière la lucidité du penseur. Une manière d’accueillir l’émotion sans jamais l’exhiber. Une pudeur vibrante. Une jubilation presque physique à penser, vivre, respirer. Et cette force singulière face à la mort, très tôt affrontée, très tôt apprivoisée. « Affectuel » : aucun mot n’approchait mieux ce qu’était Edgar Morin. Une pensée de la reliance devenue manière d’habiter le monde. Reliance des savoirs, des disciplines, des êtres ; mais aussi reliance sensible, fraternelle, profondément humaine. Chez lui, la pensée ne s’avançait jamais séparée du tremblement de la vie. Il chercha sans relâche moins à disséquer le réel qu’à le relier ; moins à réduire qu’à embrasser la complexité des destinées humaines. Son œuvre traverse un siècle entier d’histoire, de tragédies et d’espérances. Mais elle ne se réduit pas à une construction théorique froide : elle demeure un combat incessant contre toutes les séparations stériles – entre science et poésie, raison et émotion, lucidité et espérance. L’honorer aujourd’hui ne consiste pas à sanctifier sa pensée ni à la figer dans une orthodoxie nouvelle. Ce serait déjà la trahir. La seule fidélité possible est de maintenir vivante cette inquiétude intellectuelle qu’il portait en lui : continuer à penser contre les simplifications, contre les clôtures idéologiques, contre cette rationalité abstraite qui mutile la connaissance lorsqu’elle se coupe de la chair humaine. Car il n’est peut-être pas de savoir véritable qui ne soit traversé par la sensibilité. Je l’avais rencontré une première fois comme tant d’autres lecteurs : dans les livres. Au début des années 1990, alors étudiant à Montpellier, un ami me glissa entre les mains un ouvrage au titre étrange : Introduction à la pensée complexe. Ce ne fut sans doute pas sa meilleure inspiration, mais il fut pour moi l’acte fondateur de ma vie intellectuelle. Plus tard vinrent les échanges épistolaires, puis les conversations, les travaux communs autour des questions d’épistémologie et d’éducation. Dans l’ombre souvent, avec fidélité et discrétion, je rédigeais entre autre des notes, certaines préfaces. Edgar m’avait appris que Pascal avait vu juste en dénonçant le divertissement par lequel l’homme tente d’échapper à lui-même ; mais il m’avait aussi appris que l’obsession inverse – celle de la mort – pouvait devenir à son tour une autre forme d’aveuglement. L’Homme et la Mort demeurait pour lui une œuvre centrale. Livre matriciel, sans cesse repris, réécrit, augmenté, comme si la pensée devait continuellement revenir au même vertige. La mort, cet angle mort des sociétés modernes. Le jour déclinait lentement sur la Canourgue. Notre conversation revenait sans cesse vers cette « praxis de la complexité & complexité de la praxis » qu’il jugeait encore largement impensée. Puis, presque naturellement, Edgar évoqua de nouveau la direction de sa chaire UNESCO. Sa proposition demeura longtemps suspendue entre nous avant que je n’accepte finalement d’en assumer la responsabilité. Comment mieux rendre hommage à Edgar que de s’immerger dans la singularité des moments vécus. De nos nombreux échanges s’est construit chemin faisant le programme de la Chaire UNESCO, autour d’une articulation fondatrice entre éducation et recherche : « Praxis de la Complexité, Complexité de la Praxis ». Une manière d’interroger les polycrises comme un défi civilisationnel, mais aussi de penser, en filigrane, le passage de l’écologie politique née dans l’effervescence des années 1960 à une véritable écologie de l’action. Lors de leurs nombreux échanges, Edgar écrivit à Elisabeth Sénégas, inspiratrice du projet Oasis de Fraternité, ses mots magnifiques : — Vous êtes en action ce que je veux être en pensée, ce projet est ma dernière joie. Ses mots d’Edgar étaient adressée à Elisabeth Sénégas. Il y avait dans ces mots quelque chose d’à la fois bouleversant et parfaitement cohérent avec toute son œuvre. Car les Oasis de Fraternité prolongent et incarnent précisément cette pensée de la reliance qu’il n’avait cessé de défendre. Autour d’un collectif réunissant universitaires de notre Terre-Patrie, entrepreneurs, acteurs associatifs et citoyens – au sens le plus exigeant et le plus noble du terme – ce projet porte une ambition profondément émancipatrice : retisser les liens à soi, aux autres et au vivant, tout en ouvrant une réflexion collective sur la refonte du contrat social face aux bouleversements majeurs que nos sociétés s’apprêtent à traverser, notamment sous l’effet de la révolution anthropologique que constitue l’avènement de l’intelligence artificielle. Né du constat d’une société hyperconnectée mais profondément fragmentée et isolée, il propose de recréer, à l’échelle des quartiers et des territoires, des espaces physiques ou symboliques de rencontre, de fraternité et d’action citoyenne. De Levinas à Jonas, inspiré par une éthique de la fraternité et de la responsabilité, notre Recherche Action Participative défend l’idée que la transformation écologique, sociale et démocratique ne peut émerger que des relations humaines concrètes et des coopérations locales. Les Oasis de Fraternité se veulent ainsi une résistance poétique et politique à la déshumanisation du monde, en plaçant la rencontre, la diversité et l’espérance au cœur d’un futur désirable. Aujourd’hui, une page blanche s’ouvre de nouveau. Non comme un héritage à administrer, mais comme une exigence à poursuivre. Lionel Scotto d’Apollonia, Montpellier le 29 mai 2026

TE CELEBRO CON LA VIDA DE TU PENSAMIENTO 

  *Querido Edgar*, Llegan las noticias de tu partida. Te celebro con la vida de tu pensamiento. Maestro, amigo, pensador: la huella de tu obra-vida marcó mi aventura vital e intelectual. Hoy, como ayer, asumo el desafío –responsable y apasionado– de regenerar la llama de tu pensamiento y sembrar en el desierto para que florezca la comprensión de la humanidad sobre su propia complejidad. Hago mía las palabras de Juarroz y te abrazo desde el sur de América Latina: _Levantar el papel donde escribimos_ _y revisar mejor debajo_ _Levantar cada palabra que encontramos_ _y examinar mejor debajo_ _Levantar cada hombre_ _y observar mejor debajo_ _Levantar a la muerte_ _y escudriñar mejor debajo_ _Y si miramos bien_ _siempre hallaremos otra huella. _ _No servirá para poner el pie_ _ni para aposentar el pensamiento_ _pero ella nos probará_ _que alguien más ha pasado por aquí. _ (Roberto Juarróz, Poesía Vertical) La huella de Edgar vive en nosotros como una llama que ilumina el camino que juntos tenemos que imaginar y construir. Ha llegado el momento de hacer de la complejidad una política viva capaz de transformar el mundo y regenerar la esperanza en nuestro futuro común. Continuemos con humildad y pasión para religar y religarnos en un movimiento de pensamiento y acción, *Leonardo G. Rodríguez Zoya* Buenos Aires, 29 de mayo de 2026

PROPOSITION D’UN NOUVEAU CONCEPT – SERVICE ECOHUMANISTE

De la fragmentation des liens sociaux aux Oasis de Fraternité : proposition d’un nouveau concept, les services écohumanistes

Lionel Scotto d’Apollonia

Déborah Nourrit

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce court article pose les bases du concept de « service écohumaniste » en réponse à une crise profonde : celle de la relation humaine elle-même, dans un contexte de polycrises politiques, sociales, écologiques, démocratiques, économiques et technologiques, avec l’avènement de l’IA. Le concept de service écohumaniste s’inspire directement de celui de service écosystémique, créé dans les années 1990 pour rendre visible l’impérieuse nécessité de considérer le fonctionnement des écosystèmes naturels pour les sociétés humaines (eau, pollinisation, climat, biodiversité) et apporter des réponses concrètes aux dégradations dues aux activités humaines.

Par analogie, en première approximation, nous définissons le service écohumaniste, issu du concept morinien de l’écologie de l’action, comme un ensemble de bénéfices relationnels, sociaux et symboliques produits par une organisation ou un dispositif au service de la dignité humaine, de la cohésion sociale et de la résilience collective.

Le concept a émergé dans le cadre du projet Oasis de Fraternité pour rendre visible l’importance du fonctionnement des « Oasis de Fraternité » en tant qu’espaces de reliance, c’est à dire en tant qu’espaces générateurs de liens à soi, aux autres, à la nature. Le concept vise à mettre au jour le fait que remettre l’humain et la fraternité au centre de nos vies quotidiennes, dans ces espaces de fraternité en action, n’est plus seulement revisité à travers le contrat moral de notre triade républicaine. Il s’agit désormais d’un impératif éthique au sens de Levinas qui conditionne également des fonctions utiles, souvent gratuites, pour l’économie et la vie quotidienne, dans un contexte où notre système est à bout de souffle et symptomatiquement dans le rouge (systèmes de santé, de justice, éducatif, de recherche, agricoles, la liste ne pouvant être exhaustive).

L’environnement a pris une certaine place dans nos vies, avec certes encore de nombreux déficits, mais la place de nos relations humaines reste un point aveugle ou souffre d’un déficit patent. L’intérêt du concept de service écohumaniste est de faire comprendre l’interdépendance des humains entre eux et avec notre écosystème biosphérique (le terme d’Anthropocène étant galvaudé et utilisé à mauvais escient).

Le concept de service écohumaniste vise à proposer des méthodes d’évaluation qui reste  encore à coconstruire, et pouvant inclure des approches monétaires, afin d’appuyer des politiques de régénération du lien, entendues comme une politique de reliance. Il s’agit également de montrer que la dégradation de ces liens peut engendrer des coûts supérieurs à ceux de leur préservation et de leur régénération, sans exclure le risque d’une dynamique collective pouvant conduire à une forme d’effondrement systémique.

Limites

Fort des nombreux débats et controverses scientifiques et politiques suscités par le concept de service écosystémique, nous prenons d’emblée le contre-pied en ouvrant un espace de débat critique et réflexif, l’utilitarisme et l’instrumentalisation d’un tel concept pouvant avoir des effets contraires à ceux présupposés. En ce sens, le concept de service écohumaniste s’inscrit pleinement dans une approche de la complexité et principalement dans les nombreux travaux d’Edgar Morin, que le moment de l’histoire que nous traversons rend d’autant plus éclairants.

 

LANCEMENT DU MECENAT PARTENARIAL OASIS DE FRATERNITE

DEVENEZ MÉCÈNE DES OASIS DE
FRATERNITÉ

Une expérience immersive unique au service d’un engagement décisif

Nous vous invitons à vivre une expérience unique et immersive dans un lieu d’exception, la Maison du DIX dédiée à la réflexion et à l’innovation sociétale. Cet événement constitue un temps fort de levée de fonds dans le cadre d’un mécénat partenarial, destiné à changer d’échelle les Oasis de Fraternité. Dans un monde en mutation profonde, nous constituons un cercle restreint de dirigeants d’entreprise partageant la volonté d’investir dans un projet humaniste à très fort impact social et stratégique.

Une crise civilisationnelle historique

La modernité a poussé à son paroxysme l’individualisation de nos existences. Cette fragmentation sociale, accentuée par les tensions territoriales et la montée des radicalismes, engendre une perte de sens profonde dans un monde de plus en plus incertain. Ces dérives fragilisent l’équilibre politique et social dans lequel les entreprises opèrent aujourd’hui.

Les Oasis de Fraternité: une réponse humaine, reliante et concrète

Les Oasis de Fraternité reposent sur une expérience forte : on ne réparera pas la société sans espaces dédiés au lien humain et à la refonte du contrat social. Les Oasis de Fraternité sont des espaces d’accueil qui s’adressent à Toutes et à Tous sans distinction de
statut social.

Un projet né d’une expérience éprouvée

Le projet s’appuie sur une démarche initiée à Grenoble par Elisabeth Sénégas au début des années 2000, avec la création de deux Oasis structurantes. Il s’est prolongé à Nantes avec l’Oasis de Fraternité éphémère menée par Dominique Deveaux dans le cadre du Printemps des Fragilités :
145 associations mobilisées, 5 000 personnes accueillies en 2025.

Montpellier : laboratoire vivant d’un nouveau contrat social

Adossées à une Chaire UNESCO et à un laboratoire citoyen avant-gardiste, les Oasis s’inscrivent dans une démarche de Recherche-Action Participative. À Montpellier, citoyens et chercheurs coconstruisent la première Oasis permanente.
L’objectif est désormais clair : changer d’échelle et essaimer le modèle aux niveaux national et international.

Devenir mécène : rejoindre le Club des RelIAnces

Devenir mécène des Oasis de Fraternité, c’est rejoindre le Club RelIAnces – Do Tank stratégique réunissant dirigeants, chercheurs et acteurs de terrain. Vous devenez bâtisseur d’un projet dans lequel votre nom restera associé.

Un engagement à forte valeur stratégique

En devenant mécène, vous:

  • influencez un changement sociétal majeur
  • participez activement à une transition de politique civilisationnelle
  • contribuez à l’émergence de futurs désirables, fraternels et soutenables.

Votre engagement devient synonyme de :

  • leadership sociétal,
  • innovation humaniste,
  • ancrage territorial,
  • responsabilité environnementale.

LES OASIS DE FRATERNITE UN BESOIN STRATEGIQUE A L’ECHELLE MONDIALE

Une stratégie nationale pour prévenir et combattre la solitude non désirée

Voilà ce que je lis ce matin dans le quotidien espagnol, El Pais – María Sosa Troya: une personne sur cinq se sent seule. Et, pour la première fois, une stratégie nationale sera mise en place pour répondre à cette réalité.

Une stratégie nationale pour prévenir et combattre la solitude non désirée

Voilà ce que je lis ce matin dans le quotidien espagnol, El Pais – María Sosa Troya: une personne sur cinq se sent seule. Et, pour la première fois, une stratégie nationale sera mise en place pour répondre à cette réalité.

Nos sociétés — française, espagnole, notre Terre-Patie, pour reprendre les mots d’Edgar Morin — vacillent. Le monde se délite à bas bruit. L’érosion est lente, mais profonde. Les réseaux saturent nos regards et anesthésient nos liens.

L’Espagne, terre de lutte et de fraternité, vient d’adopter une stratégie nationale contre l’isolement : recréer des Oasis de Fraternité. Le signal est fort. Car le mal est civilisationnel. Hyper-individualisation, modernité épuisée : nous touchons les limites d’un modèle.

Le défi est immense : affronter la dérégulation du monde, la résurgence des guerres, et penser l’après. Non comme une utopie naïve, mais comme un impératif éthique.

Nous n’avons plus le luxe de rêver passivement d’un monde meilleur. Nous avons le devoir d’empêcher sa dégradation. L’ennemi n’est pas extérieur : il est en nous. Les figures comme Trump ou Poutine ne sont que des symptômes de nos renoncements collectifs.

C’est dans cet esprit que j’ai rédigé le Manifeste des Oasis de Fraternité. L’expérimentation menée à Montpellier porte une ambition claire : comprendre la complexité du monde pour le métamorphoser. Retisser les liens — à soi, aux autres, au vivant — à l’échelle de nos rues et de nos quartiers.

Nous lançons désormais, à l’échelle nationale, un mécénat partenarial et le Do Tank « Oasis de Fraternité ». Dans la lignée du Club de Rome et du Groupe des Dix, il assume une rupture : passer de la pensée à l’action.

Car il s’agit d’un choix. Laisser la fragmentation se poursuivre. Ou reprendre en conscience le principe de responsabilité. Refuser que des logiques réduites au profit et à la confrontation continuent de piloter notre destin.

L’avenir a besoin de nous !

PERFORMANCE POETIQUE IMPROVISEE SUR LES OASIS DE FRATERNITE – LANS EN VERCORS – 28 JUIN 2025

Entre Poèsïs et Praxis des Oasis de Fraternité – Virgule poétique

Villard-de-Lans 28 juin 2025  – Université de Terrain Edgar Morin

Transcription de la performance sensible improvisée de Lionel Scotto d’Apollonia, directeur de la Chaire UNESCO Complexité Edgar Morin

C’est l’histoire d’une page blanche …

C’est l’histoire d’une fragilité de ta fragilité de nos fragilités reliées.

C’est l’histoire d’une fraternité.

 

« La fragilité est la source de toute émotion et racine indicible de toute beauté »

 

Du coin de ma fenêtre, je surveille le délicatement du monde.

Nous passons nos vies à nous attendre.

Du coin de ma fenêtre, j’écoute la conversation silencieuse et capricieuse entre le ciel et la Terre, entre la Terre et les hommes.

 

« L’humanité, s’est effritée. »

Nous passons nos vies à nous attendre.

C’est l’histoire d’une page blanche.

Mais comment allons-nous faire ?

Du coin de ma fenêtre, mon âme s’est aimantée.

 

« Aimantée »

 

On m’a appris à bien penser, mais on ne m’a pas appris à bien éprouver.

On m’a appris à bien penser, mais on ne m’a pas appris à bien rêver.

On m’a appris à bien penser mais on ne m’a pas appris à caresser la douceur de l’imprévu, de l’improbable, de la différence.

On m’a appris à bien penser mais on ne m’a pas appris aimer – bien aimer soi – bien aimer l’autre.

Bien sentir, une fleur, ma fleur,

Ta fleur.

Accueillir une émotion, mon émotion, ton émotion.

Du coin de ma fenêtre je tente de relier les étoiles, de relier ma fragilité, de relier soi, de relier l’autre, de relier ma fleur – Ta fleur, d’éprouver l’émotion d’une pluie d’été fécondant la Terre.

J’ai ouvert ma fenêtre et je me suis mis à rêver, 

 

« À rêver d’un autre monde »

 

  • Dis papy, c’était comment au monde ?
  • Ahh… m’attendre petite fille, tu sais, je suis vieux, je suis né en 2030 à cette époque le monde était noir et brillant on était dans l’entertainment

 

« L’en-te-terre-ment »

 

  • Les gens souffrait, mais on leur avait appris à faire semblant (sans blanc)
  • A sourire – à faire semblant d’être heureux
  • Ah bon papy ?
  • Oui hélas
  • Les hommes étaient encore enfermé dans la caverne de Platon. Mais pas la caverne du temps des grecques où les hommes croyaient en la réalité de la projection de leur ombre de leur propre ombre.

Non une caverne postmoderne, une caverne où la projection de l’illusion est tellement forte que les hommes sont aveuglés, aveuglés par l’argent, aveuglés par leur propre vide.

 

« Les hurlements du vide aveuglaient les hommes. »

 

  • Et alors papy ?
  • Eh bien ma petite fille, ma tendre, petite fille une petite voix s’est élevée…
  • Une petite Voix papy ?
  • Oui, une petite voix qui a déclaré.

 

« nous n’avons plus le droit de rêver, mais le devoir de rêver »

 

C’est l’histoire d’une page blanche

C’est l’histoire d’une fenêtre ouverte d’une fenêtre ouverte sur le monde sur le chemin d’un destin commun

 

Des OASIS DE  FRATERNITÉ

Lionel Scotto d’Apollonia

MANIFESTE DES OASIS DE FRATERNITE: VERS UN FUTUR DESIRABLE

Quel moment de l’histoire traversons-nous ?

Notre époque est pour le moins contrastée et sans doute paradoxale : jamais l’humanité n’a été aussi connectée, et pourtant jamais elle ne s’est sentie aussi seule. Les Oasis de Fraternité – idée concrète aussi géniale qu’inspirante – naissent de ce constat, non pas comme un cri de désespoir, mais comme une réponse vivante, vibrante, sensible, à la perte de foi en l’humain. Les Oasis de Fraternité permettent de retisser patiemment du lien, de renouer dans la chaleur d’une rencontre les fils de la confiance, de la solidarité et du sens partagé. Chemin faisant, l’éthique de la rencontre chevillée au corps, le « Club des Dix-Paris », la volonté d’agir socialement en bandoulière, permet de remettre la Fraternité au cœur remodelant le contrat social en France.

Quel moment de l’histoire vivons-nous ?

Aussi étrange et paradoxal que cela puisse paraître : SE RENCONTRER relève de l’audace.

Dans les Oasis de Fraternité, chacun, à sa manière, y exprime la nostalgie d’un lien vrai et la promesse d’un avenir commun. Derrière chaque rencontre, chaque moment partagé se dessine une même intuition : celle que la société ne se régénère pas par les machines, mais par les rencontres, que la transition écologique et sociale ne se décrète pas d’en haut, mais qu’elle s’invente à hauteur d’humain, dans les solidarités discrètes, les coopérations locales, les rêves qui refusent la résignation, au coin de la rue. L’utopie, ici, n’est plus un mirage. Elle est ce « principe espérance » – cet impératif éthique – qui nous pousse à agir malgré tout, à croire que d’autres mondes sont possibles — et qu’ils s’esquissent déjà, dans les gestes quotidiens, les projets citoyens, les écoles ouvertes sur leur territoire, les lieux où l’on se parle encore. Le projet Oasis de Fraternité consiste à générer un mouvement, une invitation à magnifier nos diversités – non comme un facteur de séparation – mais comme la redéfinition d’un nouveau contrat social. Parce que nous ne savons pas quel moment de l’histoire nous traversons, nous avons le devoir de repenser la complexité de notre rapport au monde, de nos liens, de nos actions dans l’extraordinaire humanité de l’ordinaire de notre quotidien – nous avons le devoir de reprendre en main nos territoires, nos cultures. La diversité des imaginaires est la condition même de notre humanité.

Quel moment de l’histoire voulons-nous construire pour tracer les perspectives d’un futur désirable ?

À l’heure où l’incertitude atteint un paroxysme inquiétant, à l’heure où, tant de forces obscures fragilisent le lien social, le lien à soi, le lien à l’autre, le lien à la nature, les Oasis de Fraternité redonnent une bouffée d’espoir, d’optimisme, un acte de résistance douce et poétique : celle de l’écoute, du soin, du partage. Un acte d’amour pour le monde, au sens le plus profond du terme. Puissions-nous, à la lecture de ce manifeste des Oasis de Fraternité trouver ce que nous oublions parfois trop souvent : que l’avenir ne se dessine pas seul, mais ensemble — dans cette communauté d’espérance et de lucidité qu’est l’utopie en action – pour un futur désirable.

Lionel Scotto d’Apollonia

JOURNEE OASIS IVOIRIENNE SAMEDI 6 DECEMBRE 2025 15H-22H

DANS LE CADRE DU PROJET ANR AOSIS DE FRATERNITE

AMBIANCE PARTAGE FRATERNITE

Journée organisée par MONTPELLIER IVOIRE ASSOCIATION, vous l’aviez deviné MIA, alors on danse…..

15H – 22H

Salle Ferdinand Pelloutier Montpellier

Salle Pelloutier sous Montpellier Méditerranée Métropole, accès par derrière

Point rouge image ci-dessous

Accès Tram ligne 1 descendre à Léon Blum où place de l’Europe

ENTREE LIBRE ET GRATUITE

  • Venez participer à la création de la Fresque de la Fraternité avec l’artiste Myriam Soufane
  • Venez avec un livre, une poésie ou votre texte qui vous a inspiré autour de la Fraternité et lisez un extrait pour échange avec le public.
  • Venez chiner dans notre friperie fraternelle avec les Tibouchines
  • Venez partager un repas dans une ambiance chaleureuse, fraternelle et festive.

HORS LES MURS ECOLE DE LA FRATERNITE AVEC DEUX RESCAPES D’HIROSHIMA SAMEDI 29 NOVEMBRE 2025 15H PLAN CABANE MONTPELLIER

VENEZ ECHANGER AVEC DEUX RESCAPES D’HIROSHIMA

Nourdine Bara ne se présente pas aux élections mais propose à travers l’organisation d’une école hors les murs à ciel ouvert, une école de la Fraternité de repenser les espaces de médiations des savoirs et de mémoire.
Félicitation cher ami !
Repenser l’espace public pour repenser notre contrat social.  
Evènement unique libre et gratuit ouvert à toutes et à tous
Ce samedi sur la place à Plan Cabane, à 15h, venez vivre l’échange entre des collégiens et deux rescapés d’Hiroshima.

QUAND L’HISTOIRE ECLAIRE NOTRE TRISTE PRESENT OU LA VIOLENCE DES FRONTS ARMES SEMENT L’HORREUR ET LA DETRESSE HUMAINE

Le monde est ce qu’il est, c’est à dire peu de chose. Il y a quelque indécence à célébrer la rage de destruction dont l’homme a fait preuve » : au lendemain de Hiroshima, Albert Camus se sentait bien seul.

Et nous maintenant comment penser notre époque contemporaine (voir Manifeste des Oasis de Fraternité).

DEVENEZ ARTIVISTES: WORLD ART DAY 23 AVRIL 2025 SIEGE DE L’UNESCO

World Art Day International Forum

Art et dignité humaine :
Droits humains et arts de la guérison pour une culture de paix

Créé et dirigé par la Dre Guila Clara Kessous,
Artiste de l’UNESCO pour la paix et Ambassadrice de la paix du Cercle Universel des Ambassadeurs de la Paix (Genève)

Mercredi 23 Avril, 2025 15h00 – 18h00 CET (Paris time)

Siège de l’UNESCO, Salle II

Célébrons l’Art et le Dignité Humaine

Dr Guila Clara Kessous organise le forum “Art et dignité humaine : droits de l’homme et arts de la guérison pour une culture de la paix”. Cet événement, organisé à l’occasion de la Journée mondiale de l’art, vise à examiner l’impact positif des arts dans la promotion de la paix dans le monde, des droits humains, de la santé et du bien-être.​​

« L’impact de l’art est aujourd’hui sous-estimé. Nous avons une vision restreinte de l’artiste, perçu comme un simple créateur de beauté, dénué de conscience sociale. En réaction, de nombreux artistes choisissent de mêler activisme et art pour devenir des “artivistes” – mettant leur talent au service de la lutte contre la souffrance, de la promotion de la paix et de la prévention des conflits. »

Dre Guila Clara Kessous
Artiste de l’UNESCO pour la paix et Ambassadrice de la paix du Cercle Universel des Ambassadeurs de la Paix (Genève)

Ce forum, en accord avec le mandat de l’UNESCO de promouvoir les arts comme passerelle entre les cultures, les idéologies, les langues et les géographies, met en lumière l’usage essentiel des arts comme vecteur de guérison et de cohésion sociale, contribuant ainsi à l’édification d’une culture de paix.

ARTIVISTES C’EST QUOI?

Fondé en 2016 par Lionel Scotto d’Apollonia & Davia Dosias Perla Artivistes est un laboratoire citoyen sous statut association loi 1901 d’expérimentations sociales, humanistes et environnementales  par le biais d’une approche sensible artiste et culturelle.

Artivistes développe des travaux en  recherche action participative  financés  par l’Agence Nationale de la Recherche comme par exemple les projets OASIS DE FRATERNITE OU ENCORE BREATHE

PROGRAMME

Introduction

  • 15h00 – Discours d’ouverture par la Dre Guila Clara Kessous, Artiste de l’UNESCO pour la paix et Ambassadrice de la paix, Directrice du Forum International Femina Vox
  • 15h10 – Allocution d’ouverture par Mme Rachida Dati, ministre de la Culture de la France
  • 15h15 – Allocution d’ouverture par M. Alexandre Navarro, secrétaire général de la Commission nationale française pour l’UNESCO
  • 15h20 – Performance artistique – Mme Bérénice Prétat, danseuse : La Loïe Fuller, chorégraphie de Claire Duport

Table ronde n°1

  • 15h30 – Table ronde n°1 : Art & Soin : Une table ronde emblématique réunissant des professionnels de santé témoignant du pouvoir de l’art dans le processus de guérison

Intervenants : Mme Isabelle Wachsmuth, Organisation mondiale de la santé, Dr Claire Georges-Tarragano, Responsable médical du département Accès aux soins de santé, Hôpital Saint-Louis, Mme Laure Mayoud, psychologue clinicienne

  • 16h10 – Performance artistique – Arts visuels par Isabelle Wachsmuth, Organisation mondiale de la Santé

Table ronde n°2

  • 16h20 – Table ronde n°2 : Art, droits humains et santé sociale – Table ronde de haut niveau réunissant des artistes intervenant en zones de conflit. Focus sur le rôle des « artivistes », mêlant art et engagement citoyen.

Intervenants : M. Nikos Floros, artiste visuel, M. Taigue Ahmed, danseur, fondateur de « Refugees on the move, » Mr. Pedro Gabriel Ferreira, Unesco Art-Lab for Human Rights

  • 17h00 – Performance artistique – Chœur Renanim Paris Kolot, un chœur européen interculturel

Table ronde n°3

  • 17h10 – Table ronde n°3 : Art et éducation à la paix : mettre en lumière le rôle essentiel de l’art dans l’éducation à la paix et la prévention des conflits. Des programmes concrets seront présentés pour promouvoir la culture de paix à travers des initiatives artistiques.

Intervenants : Alma Rota, éditrice de Rolling Stone France, M. Patrice Taraoré alias Huma, rappeur et fondateur du Balai Citoyen, Sophie Rosenzweig, fondatrice de « Voices without borders » et journaliste pour la chaîne Arte

Clôture

17h50 – Clôture par Dre Guila Clara Kessous, Artiste pour la Paix de l’UNESCO & Ambassadrice de la Paix, Directrice du Forum international Femina Vox
18h00 – Performance artistique – M. Martin Solveig, DJ (France)

CONFERENCE ATELIER LES SCIENCES CITOYENNES EN ACTION 05-06 JUIN 2025 UNIL LAUSANNE

CitSciHelvetia25. Les sciences citoyennes en action. Collaborations entre la société civile et les milieux académiques

05 – 06 juin 2025, UNIL, Amphipôle

 

PRESENTATION 1

Chaire UNESCO Complexité Edgar Morin : Pour une recherche transformationnelle artistique et culturelle avec et pour les sociétés

Cette communication présente le nouveau programme de la Chaire UNESCO Complexité qui mobilise notamment l’art et la culture comme facteur d’émancipation. En partenariat avec le laboratoire citoyen Artivistes Atelier dont le nom est emprunté aux mouvements artistiques dans les favelas de Rio de Janero comme acte politique, le projet déploie des dispositifs de Recherche Artistique Participative dans l’espace public dans une visée émancipatrice sur les plan sociaux, politiques et environnementaux. L’acte créatif et culturel porteur de normes sociales est conceptualisé et designé comme un révélateur de la complexité du monde contemporain. A partir d’un retour de différentes expérimentations, cette communication tracera les perspectives et ouvrira un espace de discussion sur les apports et les limites de l’hybridation arts-sciences sur les plans de la Recherche et sa capacité à répondre à la promesse démocratique visant à donner du pouvoir d’agir à l’ensemble des acteurs et en premier lieu du citoyen ordinaire au sens le plus noble du terme.

L’art participatif : politiser les enjeux dans la rue
Cependant nous nous détachons de la portée dénonciatrice et contestataire d’une contre-culture initiée dans les mouvements de luttes contre les dictatures militaires au Brésil ou en Argentine vers la fin des années 1970 et dans leur prolongation contemporaines révolutionnaires de convergences des luttes. Nous sommes conscients que l’art et la culture sont le produit de normes sociales (Bourdieu, 1992). Dans l’esprit de Jean Villard, notre approche artistique et culturelle est un vecteur de démocratisation et de mobilisation et vise à prendre à front renversé la vision situationniste dénonçant la « société du spectacle » chère à Guy de Bord . Sur le plan axiologique, le dispositif (Clarke, Vanini, 2013) au sens le plus noble du terme . Il n’est pas militant et n’a pas de parti-pris idéologique . Il ne cherche pas le rapport de force mais plutôt à l’interroger tout en cherchant à équilibrer les asymétries de pouvoir. Enfin notre méthodologie s’intègre dans le domaine émergent art-science en tant que dispositif de production de connaissances (Nowotny et al., 2001). En s’appuyant sur les outils développé par Artivistes, la coconstruction artistique est appréhendée comme une modalité de dialogue interdisciplinaire (Born, Barry, 2010 ; Nowotny et al., 2001). L’acte de création artistique est abordée comme une mise en œuvre collaborative sensible et tout autant comme un acte visant à institutionnaliser et politiser le dispositif participatif (Da Costa, Philips, 2010 ; Cassin, 2005).
APPLICATION : Le dispositif de rue a été reproduit a de multiples reprises sur différents projets avec des jauges de mobilisation très variable en fonction du contexte et du niveau de collaboration avec les différentes parties prenantes. A titre d’exemple, le chiffre de personnes impactées varie entre une cinquantaine à plus de mille dans certains cas. Il permet indépendamment de la jauge grâce aux outils participatifs d’une part d’analyser les perceptions des habitants ou des usagers à l’échelle communale ou d’un quartier et d’autre de permettre un espace de libre expression et éventuellement de politisation des enjeux qu’ils soient en lien ou non avec le projet. Cependant, nous notons une limite dans l’engagement citoyen, malgré les jauges importantes, les ateliers participatifs n’ont jamais dépasser les cinquante participants.

Les limites des pratiques interdisciplinaires dans le cadre des sciences participatives
Les sciences participatives comme mode de production de savoirs se heurtent à deux difficultés, d’une part impliquer des acteurs non scientifiques-professionnels (individus ou de groupes, collectifs) qui participent de façon active et délibérée (Houllier et Merilhou-Goudard 2016; Vohland et al. 2021) et d’autre part arriver à faire dialoguer les disciplines sachant qu’elles répondent à des habitus de recherche fortement ancrés les différents champs paradigmatiques. Les conditions d’exercice de l’interdisciplinaire (Chlous, 2017) dans le cadre des sciences participatives (Bedessem, 2020) restent un domaine peu exploré sur le plan épistémologique. Il existe différentes tentatives de proposition de typologie des pratiques participatives (Bonney, 2019, Houllier, 2016) .
APPLICATION : Artivistes en collaboration avec différents laboratoires de recherche et institution (IRSTV CNRS – LIRSA CNAM – Prodig Université Panthéon Sorbonne – Géosciences Mtp CNRS Université Montpellier – AERIS IPSL CNRS – PSE-SANTE IRSN – Institut Terre et Environnement CNRS Université de Strasbourg – OSU Sorbonne Université) est lauréat de l’appel à projet CNRS « Action Sciences participatives en situation d’interdisciplinarité ». Ce projet, à l’heure de la multiplication de systèmes de capteurs embarqués ou fixes vise l’élaboration et la diffusion d’une matrice scientifique pouvant soutenir des projets de sciences participatives pluridisciplinaires.

Les limites de la portée des sciences participatives
Assumant une posture visant à l’émancipation sociale et environnementale, les sciences participatives doivent affronter un double déficit : déficit d’intégration des citoyens dans la fabrique dite « participative » des politiques publiques (Blondiaux, 2008 ; Blondiaux et Fourniau, 2011; Fourniau, 2007) et déficit d’efficacité chronique des politiques d’efficacité des politiques publiques notamment sur les questions socio-environnementales (Chevigné, 2003; Salles, 2006; Chevalier et al. 2007 ; Comby, 2015); comme la qualité de l’air (Chateauraynaud et al., 2013, Scotto d’Apollonia et al., 2019), la biodiversité (Julliard, 2017 ; Salle, 2014), la qualité des sols (Fortmann, 2009), ou des eaux (Jollymore et al., 2017 ; Henriksen et al., 2009). Les aspects institutionnel, juridique et technique sont centraux et limitent la portée des projets de sciences participatives (Charvolin et al., 2015 ; Massard-Guibaud, 2010). D’une part les différentes lois et plans d’actions sont construits à partir de cette sectorialisation dans laquelle les enjeux environnementaux, sanitaires et sociaux sont traités de façon dissociée. D’autre part, mises en œuvre à l’échelle municipale, elles peinent à trouver de la cohérence sur un territoire plus large, qui par ailleurs est suffisamment important pour améliorer leurs chances d’efficacité (Mermet et al. 2005). Il reste donc à développer une loupe analytique permettant d’analyser la portée d’une part sur les conditions effectives de la participation des publics à la construction de l’action et d’autre part sur l’action elle même considérée sur différentes échelles de temps et d’espaces.
APPLICATION : Dans le cadre du projet BREATHE, nous avons demandé la signature d’une convention avec les autorités locales afin d’éviter les biais du citizen washing. Dans le cadre de l’étude du quartier des Arceaux, cette demande a été l’objet de multiples débats qui se sont soldés par un refus de la collectivité à définir un cadre de collaboration avec les riverains, pour cause malgré un « renouveau démocratique » affiché, le cahier des charges de l’appel d’offre des futurs aménagements étaient rédigés à l’avance (voir intervention 23 novembre 2022). Dans le cadre de l’étude autour de l’usine OCREAL, le syndicat mixte SMEPE gérant l’incinérateur a refusé toute forme de collaboration avec le projet BREATHE, alors que dans le même tems nous avons signé une convention avec la communauté de commune en charge de l’harmonisation des six autres intercommunalités gérant le SMEPE afin d’apporter un appui à la construction participative de leur Plan Climat Air Energie Territorial. La portée sur la participation citoyenne, la posture du projet de recherche et la portée du projet lui même sont des points de vigilances devant être détaillés précisément et permettant en retour une analyse fine des écosystèmes politiques sur lesquels le projet tend à agir. Cette approche résolument critique et réflexive, permet de mettre au jour les limites du projet, ces dernières représentent ainsi autant de marqueurs pertinents permettant de nourrir l’analyse en retour.

 

PRESENTATION 2 

Complexité des logiques de participation et d’engagement : from green to participatory washing

Cette communication propose un retour critique et réflexif sur différents projets articulant Sciences Citoyennes (SC) et Recherche Action Participative (RAP) portant la construction de l’action publique et notamment les Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET). En effet les SC et la RAP connaissent un engouement qui ne faiblit pas (Millerand, 2021) marquées par des efforts de structuration et d’institutionnalisation d’une communauté de praticiens. L’analyse de la participation citoyenne et des logiques d’engagement dans ces projets de recherches transformationnelles ne bénéficie pas de cadres de références ce qui rend la tâche d’autant plus complexe. Cette communication présente d’une part le lent et laborieux travail de théorisation et d’autre part l’identification de nombreux points de vigilances interreliés, notamment sans exhaustivité : « Avec qui ? » catégoriel (acteurs participants et impactés), « Pour qui, pourquoi ? » réflexif sur le caractère normatif de l’Action et de la Participation, « Scientifique » méthodologique sur la robustesse des données supposées coconstruites.

 

Depuis son émergence globale à la fin du siècle dernier, le défi climatique demeure à l’heure actuelle un enjeu social, politique et scientifique majeur. Bien que la nécessité d’agir sur les effets du changement climatique fasse désormais consensus (Le Treut, 2022), la problématisation de l’agir climatique s’avère une tâche complexe (Scotto d’Apollonia, 2022). L’agir climatique est défini comme un agir politique qui se distingue de l’agir technique en prenant en compte à la fois la fabrique et le pilotage des politiques publiques et territoriales. Les freins à l’efficacité de cette action sont pluriels et interreliés : enjeux de gouvernance, d’échelles, de temps et de spatialisation de l’action. Afin d’explorer la complexité de l’agir climatique, il apparait pertinent de croiser les problématiques d’échelles micro-méso-macro avec trois plans analytiques interreliés portant : (1) sur la construction de l’action publique et sa mise en œuvre ; (2) sur les acteurs et les organisations institutionnelles, professionnelles et associatives ; (3) sur les implications réflexives en retour des pratiques de l’interdisciplinarité et des cadres d’analyse.
Aussi dans cette communication nous proposons de présenter un retour d’expérience de nos travaux mobilisant le dispositif de Recherche Action Participative (Chevalier et al. 2013) « Artivistes » (Dosias-Perla, et al. 2018) visant d’une part à mobiliser les citoyens et d’autre part à les impliquer dans la construction de l’action publique articulant trois plans analytiques. La méthodologie de recherche résolument interdisciplinaire articule : (1) un dispositif participatif émancipateur sur le plan de la mobilisation citoyenne, de la construction de l’action et de la mise en œuvre de l’évaluation de son efficacité avec (2) une approche pragmatique et ethnographique auprès des acteurs en charge de la définition et de la réalisation de l’action publique – (3) une sociologie de l’action organisée appliquée à la gestion territoriale. Pour cela nous nous appuierons sur les retours de quatre terrains d’investigation d’accompagnement de la construction de quatre Plan Climat Air Energie Territoriaux [PCAET Pays de l’Or Agglomération – Communauté de Communes Rhony Vistre Vidourle – Montpellier Méditerranée Métropole (M3M) – Communauté d’agglomération Arles Crau Camargue Montagnette] et la construction de l’Agenda2030 à l’échelle de la commune de Vendargues (PCAET M3M).
Sur la base de la présentation de nos résultats de recherche, nous proposons d’ouvrir la réflexion sur les implications : (a) sur le plan de la Recherche, la nécessité et la difficulté de pratiquer l’interdisciplinarité et les répercussions sur nos cadres théoriques ; (b) sur le plan de l’Action, les difficultés à mettre en œuvre des indicateurs répondant à des injonctions parfois contradictoire c’est-à-dire permettant de s’adapter aux spécificités territoriales et culturelles à des micro-échelles et permettant d’uniformiser l’évaluation à l’échelles des communautés de communes ; (c) et sur le plan de la Participation, l’implication réelle des parties prenantes citoyennes, acteurs économiques et sociaux dans la construction de l’action et sa pérennisation.

 

 

JOURNEE DU RESEAU FRANCAIS DES CHAIRES UNESCO 19 mai 2024

EN FORME POUR LA VIE: JOURNEE DU RESEAU DES CHAIRES UNESCO 

PROGRAMME DE LA JOURNEE

9h30-10h30 : Allocutions d’ouverture
Modérateur : M. Alexandre Navarro, Secrétaire Général de la Commission nationale française pour l’UNESCO
– M. Daniel Mouchard-Zay, Président de l’Université Sorbonne Nouvelle
– Mme Stefania Giannini, Sous-directrice générale de l’UNESCO pour l’Éducation,
UNESCO (sous réserve)
– Mme Michèle Ramis, Présidente de la Commission nationale Française pour l’Unesco
– Mme Isabelle Desvignes, Chargée d’affaires a.i, Délégation permanente de la France auprès de l’UNESCO (sous réserve)
– M. David Itier, Chef du département de la Stratégie de l’Espace Européen de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Délégation aux affaires européennes et internationales, Ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (sous réserve)
– Mme Solene Charuau, Cheffe de mission, Mission des affaires européennes et internationales, Direction des Sports, Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative (sous réserve)

10h30-11h : Intervention de Mme Inga Nichanian, Programme UNITWIN/Chaires UNESCO, Division avenir de l’apprentissage et de l’innovation, Secteur de l’éducation, UNESCO (sous réserve)
11h-11h30 : Pause-café

11h30-12h45 : Table ronde
Modératrice : M. Isabelle Quéval, responsable de la chaire UNESCO « Handicap, Education et Numérique », INSHEA/Grhapes
– M. Philippe Bohelay, coordinateur du comité français des villes apprenantes pour l’UNESCO, point focal Ville apprenante de Clermont-Ferrand : La ville et sa politique du sport.
– M. Julien Sorez, responsable de la chaire UNESCO « Favoriser la contribution du sport, de l’éducation physique et de l’activité physique au développement durable et à la paix », Université Paris Nanterre : La contribution du sport au développement durable et à la paix.
– Mme Sandrine Felquin, principale du collège Les Grands Champs : La culture éducative à Poissy : l’insertion par le sport, un axe innovant.
– M. François Perrot, directeur du SUAPS de Dauphine – PSL, Université Dauphine : L’accueil et l’encadrement des étudiants sportifs de haut niveau

12h45-14h15 : Pause déjeuner
14h15-16h :
Modérateur : M. François Laurent, Conseiller Culture, Commission nationale française pour l’UNESCO
– Mme Claudine Serre, conseillère pour la Genre et les Sciences humaines et sociales à la Commission nationale française pour l’UNESCO : Femmes et Sport
– M. Patrick Trabal, responsable de la chaire UNESCO « Etudes et analyses de la lutte anti-dopage, pour une protection de la santé de tous les sportifs », Université Paris Nanterre : Sport et Santé : la lutte anti-dopage.
– M. Fabien Van Geert, chaire UNESCO « L’étude de la diversité muséale et son évolution Museum Prospect », Université Sorbonne-Nouvelle : Sport et Culture
– Mme Isabelle Queval, responsable de la chaire UNESCO « Handicap, Education et Numérique », INSHEA/Grhapes : Handisport
– M. Adrien Chalmin, membre de l’équipe de France de rugby fauteuil : Témoignage
16h-16h30 :
M. Patrick Bloche, Premier adjoint à la maire, Mairie de Paris : Bilan des Jeux Olympiques de 2024, (sous réserve)
16h30-17h :
Mme Suzy Halimi, conseillère Education, Commission nationale française pour l’UNESCO Conclusions, synthèse et remerciements

PRINTEMPS DES FRAGILITES UNIVERSITE POPULAIRE EDGAR MORIN HORS LES MURS 24 MAI 2025 NANTES

PRINTEMPS DES FRAGILITES 3ème édition : c’est parti !

Floraison « d’oasis de fraternité » en terre ligérienne à l’occasion de la 3e édition du festival du Printemps des Fragilités !

Pour sa 3e édition, le festival du « Printemps des Fragilités » célèbre la fraternité en mettant en lumière les plus de cent associations de solidarité du « Collectif Fragilités en Partage » : œuvrant chacune dans leur domaine de spécialité, elles donnent corps à l’idéal de fraternité.

NOTRE PARRAIN EDGAR MORIN EDITION 2025

« Joie, plaisir, émotion, force, humanité et solidarité… C’est un immense honneur et un grand plaisir d’être le parrain de la 3ᵉ édition du Printemps des Fragilités, qui, symboliquement, deviendra une Oasis de Fraternité. Notre humanité commune a désormais plus que jamais besoin que nous prêtions attention au respect de nos différences, aux liens qui nous unissent et nous relient les uns aux autres ainsi qu’à notre Terre-Patrie. » E. Morin

INAUGURATION UNIVERSITE POPULAIRE EDGAR MORIN HORS LES MURS 24 MAI 2025

Lionel Scotto d’Apollonia accompagné de Nourdine Bara auront le plaisir d’animer une Université Populaire Edgar Morin Hors les Murs sur le thème porteur des Oasis de Fraternité.

UN FESTIVAL AU CARREFOUR DES CONVERGENCES CITOYENNES POUR ESSAIMER LES OASIS DE FRATERNITES

Face à tant d’injustice nous pourrions baisser définitivement les bras. Mais, nous préférons nous questionner et nous demander s’il n’y a pas, là, une forme d’invitation ? Là où la société se construit essentiellement sur des liens de domination, les associations du « Collectif Fragilités en Partage » ne dessinent-elles pas un chemin pour un changement majeur ? Celui de l’altérité, de la fraternité, de la rencontre et de la reconnaissance de nos fragilités.

Par sa programmation riche et diverse, la 3e édition du festival « Printemps des Fragilités » vous invite à découvrir cette dynamique de convergence qui anime le « Collectif Fragilités en Partage » : un véritable projet d’ouverture, destiné à tout un chacun, sans condition, sans frontière, sans barrière. Alors, bon festival et que vive la fraternité… à jamais !

Extrait de la charte du « Collectif Fragilités en Partage »

Organisé en association loi 1901 depuis avril 2024, le « Collectif Fragilités en Partage » réunit plus de cent associations et collectifs de solidarité en région ligérienne.

Les valeurs défendues par le « Collectif Fragilités en Partage » sont les suivantes :

  • Reconnaissance de nos fragilités et de nos propres limites inhérentes à notre condition même d’être humain.
  • Acceptation de nos fragilités et, donc, de nos dépendances et de nos besoins d’entraide tout au long de notre existence.
  • Accueil de nos fragilités, sans distinction, ni discrimination, quelles que soient nos appartenances culturelles ou religieuses. Partout dans notre société, partout à travers le monde, les relations doivent pouvoir se fonder sur ce socle, synonyme de confiance et de réciprocité.

Genèse

“Collectif Fragilités en Partage” : ce qui nous anime, nous réunit et que nous souhaitons partager.

En 2009, Erik Pillet, ancien DRH d’EADS Airbus, fondateur de l’association de l’Arche à Toulouse, organise un colloque qu’il intitule « Fragilités Interdites ? Plaidoyer pour un droit à la fragilité ». Xavier Emmanuelli en sera une des têtes d’affiche. L’idée d’un colloque est reprise à Lyon en 2011 sur le thème « Tous fragiles, tous humains », en partenariat avec la Mission régionale d’information sur l’exclusion (MRIE), l’association Astrée et le réseau Envie, avec le témoignage de Julia Kristeva, Michela Marzano, Bruno Tardieu, Jean-Paul Delevoye, Axel Kahn …

Une troisième édition est organisée à Nantes en 2013 à la Beaujoire, réunissant 1.500 participants pour deux journées intenses intitulées « Fragilités Interdites – fragiles et pourtant que de vie ! », avec la participation d’Emmanuel Faber, Philippe Pozzo di Borgo, Anne-Dauphine Jullian, Jacques Ricot et tant d’autres. Une quatrième édition sous le titre “Ensemble, revisiter la fragilité” se déroule à Paris en 2016. Le souvenir de ces journées demeure si intense que nous avons souhaité continuer à cultiver ce climat si particulier, surgi de nos rencontres avec la Fragilité. Dans leur diversité, tous les témoignages recueillis confirment, de façon souvent bouleversante, que c’est à partir de l’expérience de leur fragilité que leur vie a pris une nouvelle dimension, beaucoup plus juste, beaucoup plus réelle, et beaucoup plus passionnante.

Sous une nouvelle forme, faite de visites en toute simplicité au cœur des associations et d’un beau moment de festivités, nous vous proposons encore et toujours de partager toute cette émotion source de joie et d’humanité. Nous  accueillons nos limites comme faisant partie de qui nous sommes. Et à partir de là, nous découvrons que nous avons besoin les uns des autres, nous avons une soif de nous rencontrer, et de nous rencontrer vraiment. Nous avons besoin de la confiance entre nous. Et c’est parce que nous sommes fragiles que nous sommes tenus à construire cette confiance. Forts de cette conviction, nous vous proposons de participer à cette nouvelle aventure : au cœur de la ville de Nantes, nous retrouver pour célébrer et partager ensemble notre humanité si fragile et pourtant si belle.

” Printemps des Fragilités : révélons la richesse de nos relations “

Atravers ce titre, nous adressons une invitation à l’accueil de toutes les fragilités. Accueillies, nos fragilités deviennent une force pour chacun d’entre nous, car elles renvoient à la question même de l’humanité. Nos fragilités, il est temps de nous en emparer, de les questionner avec humilité, de les regarder,  d’apprendre ensemble à les aimer parce qu’elles nous ouvrent à la rencontre. Réunis au sein du « Collectif Fragilités en Partage », nous sommes plus de cent associations qui œuvrent chacune auprès de personnes en situation de fragilité : handicap, maladie, exclusion, solitude, exil, mal-logement, difficultés sociales, addictions, …

Nous faisons tous l’expérience que notre rencontre en vérité avec les personnes en situation de vulnérabilité, nous a bouleversés. Touchant notre propre fragilité, chacun de nous a saisi qu’elle fait la beauté de notre humanité, et que nous n’avions pas en avoir peur. Nous avons perçu dans cette expérience, ce que peut être la joie profonde et la paix intérieure. Ce festival marque notre désir de partager cette expérience avec tous ceux qui cherchent à vivre pleinement leur humanité, quelle que soit leur appartenance culturelle et/ou religieuse. Notre souhait le plus cher est de sensibiliser un public élargi à l’accueil des fragilités, de mieux faire connaitre la diversité des associations qui s’y consacrent et de donner envie de nous rejoindre.

« Ce n’est qu’à partir du moment où il y a une acceptation de ses propres fragilités, de ses failles, et donc de la dépendance, que l’on peut s’ouvrir aux autres et faire place à la confiance dans les autres, seule façon de recréer du lien social. »

Michela Marzano, philosophe

 

Remerciements.

Le “Collectif Fragilités en Partage” tient à remercier l’ensemble des donateurs pour leur générosité et leur soutien.

Crédits photos : Dominique A par Vincent Delerm

Contacts : printemps.fragilites@gmail.com

STREETOYENNETE VERNISSAGE 23 AVRIL 2025 GALERIE CHENUS LONGHI PARIS

STREETOYENNETE C’EST QUOI?

L’Art Urbain au Service de la Citoyenneté
Un dispositif de recherche création itinérant pour interroger et renforcer la citoyenneté dans la société.

Streetoyenneté c’est quoi ? une exposition itinérante unique en son genre. Ce projet artistique et citoyen rassemble 13 street artistes qui interrogent, à travers leurs œuvres, la notion de citoyenneté et son impact sur notre quotidien.
Quand l’art de rue questionne notre rôle de citoyen. Dans un monde en constante mutation, où les défis sociaux et démocratiques se multiplient, Streetoyenneté propose une approche inédite : utiliser l’art urbain comme un outil de réflexion et d’éveil sur notre responsabilité individuelle et collective. Chaque artiste engagé dans cette exposition livre une vision personnelle de la citoyenneté,
créant ainsi une diversité d’interprétations qui résonne en chacun de nous.
Un documentaire vidéo accompagne l’exposition, permettant d’explorer la démarche des artistes et d’approfondir les débats autour des œuvres et des témoignages recueillis.
Un projet de recherche création citoyen au cœur des territoires
Après son lancement à l’Assemblée nationale, l’exposition entamera une tournée à travers la France, dans toutes les collectivités souhaitant l’accueillir.

STREETOYENNETE C’EST POUR QUI?

Le dispositif a été conçu pour les collectivités, les communes ou tout acteur souhaitant s’en emparer.

Deux formats sont proposés pour une accessibilité optimale :
• Une exposition physique avec les œuvres originales.
• Une version numérique imprimable, accompagnée de supports pédagogiques
et de médiation.
Ainsi, chaque ville pourra créer et anlyser sa propre Place de la Streetoyenneté, favorisant
les ren-contres, les échanges et les débats autour des enjeux citoyens actuels.
Un dispositif émancipateur artistique et éducatif
Au-delà de l’exposition, Streetoyenneté propose :
• Des ateliers et animations pour sensibiliser et éduquer à la citoyenneté à travers
la création artistique.
• Une approche scientifique transformative des territoires avec et pour l’engagement citoyen.
• Une vente des œuvres originales et de tirages d’art, accessibles aux collectivités, aux entreprises engagées et aux collectionneurs.

STREETOYENNETE C’EST QUI?

Le dispositif est porté par Empreintes Citoyennes, Art’Mur, Artivistes et la Chaire UNESCO Complexité Edgar Morin.

LANCEMENT 8 AVRIL 2025 ASSEMBLEE NATIONALE

Dans le cadre de la Cérémonie du Label “Villages et Villes Citoyen(ne)s à l’Assemblée nationale accueillera le 8 avril 2025 prochain le lancement de Streetoyenneté.

EXPOSITION STREETOYENNETE GALERIE CHENUS LONGHI

116 boulevard Richard Lenoir, Paris 11ème
du mercredi 23 au samedi 26 avril, 14h / 19h30
Vernissage mercredi 23 avril de 18h à 21h
entrée libre

PRESENTATION DU DISPOSITIF PLACE DE LA REPUBLIQUE fin avril 2025 

Les 13 œuvres seront disposées sur la Place de la République afin d’initier le futur tour de France de l’exposition Streetoyenneté.

 

COLLOQUE GIS DEMOCRATIE ET PARTICIPATION 20 & 21 NOV 2025

Comité d’organisation du colloque

Loïc Blondiaux, Mathieu Brugidou, Jean-Michel Fourniau, Fabrizio Livigni, Alice Mazeaud, Patrice Melé, Lionel Scotto d’Apollonia, Sandrine Rui, Julien Talpin, Stéphanie Tawa Lama-Rewal.

“À quoi tient la démocratie ?”

Nos sociétés sont actuellement confrontées à la conjonction des crises environnementale, sociale, économique, (géo)politique. Les conséquences du changement climatique, de la chute de la biodiversité et plus généralement de l’attrition des ressources appellent une mobilisation sans précédent qui semble toujours repoussée. Le programme de démocratisation de l’ordre international est épuisé jusqu’à remettre en cause l’existence même des institutions portant le langage des droits à l’échelle mondiale.
Dans le même temps, les régimes, les institutions et les pratiques démocratiques traversent de fortes turbulences : la déconsolidation est à l’œuvre, sous des formes et à des échelles multiples. Certains pays, naguère en transition démocratique, sont pris dans des dérives autoritaires et s’emploient à thématiser l’illibéralisme comme forme démocratique légitime. D’autres, naguère considérés comme des « démocraties consolidées » voient leurs contrepouvoirs s’éroder. Des partis d’extrême droite, impuissants à appréhender la pluralité d’une communauté politique dans un nous, alimentent leur progression en se réappropriant la démocratie et ses codes, mais la dépeuplent radicalement d’une partie de ses citoyens.
Le rapport ordinaire au politique et plus généralement la confiance dans la politique, ses institutions, mais aussi ses modes d’engagement, sont minés par un sentiment d’insatisfaction et de désaffection (Hay, 2007; Mair, 2013 ; Foa et Mounk, 2016) : la démocratie peine, notamment pour les jeunes, à tenir sa promesse d’égalité et de redistribution. Des attentes fortes envers la démocratie nourrissent paradoxalement une forme subtile de déconsolidation démocratique, faisant opter certains pour des institutions, des normes et des modalités d’exercice du pouvoir jugées plus efficaces (Wuttke, Gavras, et Schoen, 2022 ; Bedock, 2021). Le désengagement électoral et la montée de l’extrême droite ont d’ailleurs été l’objet d’analyses contrastées ; ils ne sont pas seulement des symptômes d’une déconsolidation démocratique (Norris et Inglehart 2019), mais aussi les signes d’une mutation des formes d’engagement et d’une société devenue plus ouverte, moins encline à adhérer aux institutions du vote mais plus exposée à des effets de forçage d’une partie de l’offre politique et médiatique (Tiberj, 2024).
Dans le domaine environnemental, la mise en œuvre de politiques destinées à changer nos modes de vie, sans toujours en anticiper les conséquences sur les groupes sociaux, ni leurs effets structurels, suscitent des fortes tensions sociales, avivées par un accroissement des inégalités socio-économiques et territoriales. Non seulement le négationnisme menace toujours les objectifs de transition écologique et énergétique, mais une part croissante d’acteurs politiques semble attendre de la déconstruction des politiques et institutions environnementales un bénéfice électoral. Malgré les déclarations d’intention

des accords internationaux, la démocratie environnementale n’apparaît plus comme un horizon partagé par les États, les ONG et les groupes mobilisés (Fourniau et al, 2022). Pourtant la multiplication des expérimentations locales pour la (re)construction de communs constituent, pour des collectifs locaux, une manière de dire à quoi ils tiennent et d’inventer de nouvelles formes d’engagement dans des milieux de vie (Van Neste et al, 2024). Néanmoins, les institutions démocratiques en mesure de construire les conditions de la mise en place de politiques de sobriété dans un souci de justice sociale et environnementale restent à inventer.
Face à ces menaces, les promesses – écologique et démocratique – de la révolution numérique apparaissent moins comme une source de solutions à la superposition des crises que comme une partie du problème. Les mutations du capitalisme vers des formes numériques et attentionnelles sont caractérisées par des processus d’extraction de valeur dont le déni semble avoir été organisé. Les sciences sociales ont largement documenté l’invisibilisation du travail digital (Tubaro et al. 2020), l’escamotage de l’extraction, notamment dans les pays du Sud, des ressources matérielles et énergétiques (Broca, 2022) mais aussi des données extraites des pratiques de ses usagers (Zuboff, 2019). Les effets controversés de la numérisation sur la conversation publique, fut-elle accélérée et augmentée par l’IA, conjugués à la formation de chambres d’échos, favorisées par une partie de l’offre médiatique délaissant les logiques informationnelles pour un agenda d’extrême droite, ne font qu’ajouter l’embarras du dérèglement de l’espace public au dérèglement climatique, contrariant la recherche de diagnostics partagés et de voies de solutions.
Autre paradoxe : les outils forgés pour approfondir la démocratie, la participation et la délibération, dont on pouvait espérer, à travers de multiples expérimentations, qu’ils nous permettraient de surmonter la superposition paroxystique de ces crises, et notamment d’imaginer des chemins de transition justes, semblent parfois tourner à vide (Gourgues et Mazeaud 2022). L’impératif délibératif aurait donné lieu à des institutions paradoxales, favorisant une participation et une délibération procédurales et formelles qui peuvent être de qualité, mais qui sont trop souvent coupées de tout lien avec la décision et la question sociale, et restent ainsi éloignées des publics défavorisés.
Le colloque du GIS Démocratie et Participation de 2025 veut s’interroger sur ce qui fait et défait la démocratie. Après avoir appelé à multiplier et à penser les expérimentations démocratiques (2017), puis dressé le tableau d’une démocratie par temps sombre (2022), il invite à documenter les processus de déconsolidation de la démocratie, mais aussi à identifier et comprendre les fils multiples et parfois ténus par quoi celle-ci tient, ou pourrait tenir.
Il s’agit donc moins de s’intéresser aux grandes institutions (représentations nationales, conseil constitutionnel, etc., dont on ne méconnait pas l’importance) que de documenter les multiples processus à travers lesquels la démocratie se défait ou se (re)fait. Le rôle des chercheurs est à la fois d’analyser les effets physiques et sociaux des transformations en cours, mais aussi de fournir des outils face aux défis conceptuels propres au moment singulier qui est le nôtre.
En effet, si les dynamiques de déconsolidation démocratique ont fait l’objet de plusieurs travaux, en France et ailleurs, on n’a pas assez analysé le trouble dans le langage et les usages de « la démocratie » qui accompagnent et facilitent ces dynamiques. Les mots de la démocratie sont aujourd’hui appropriés à front renversé : tout le monde prétend agir au nom de la démocratie, et ce qui paraît défaire la démocratie se fait au nom même de la démocratie. L’un des objectifs du colloque est de décrypter ces éléments constitutifs du fait démocratique désormais objets de controverses (participation, représentation, pluralisme, droit, science et rationalité…), et d’analyser les tensions suscitées par ces réappropriations, reformulations et disputes.

Penser ensemble les dynamiques de déconsolidation et de reconsolidation impose de réfléchir aux formes du droit, de la participation, des mobilisations sociales et environnementales, mais aussi du travail, qui contribuent à la maintenance de la démocratie et à ses capacités concrètes de résistance. Il s’agit en effet de ne pas sous-estimer les modalités de résistance internes à la société en s’intéressant plus classiquement aux évolutions des corps intermédiaires, à une démocratie sociale animée par les syndicats, des collectifs ou aux expérimentations qui marquent de nombreux contextes locaux.
Il faut également prendre en compte les fils démocratiques tenus par les citoyens comme travailleurs, les salariés dans les institutions ou les entreprises freinant la mise en œuvre d’injonctions parfois perçues comme des menaces pour les formes vécues et ordinaires de la démocratie, ou attachés à rendre tangibles dans les territoires des politiques de participation ou de responsabilité sociale des entreprises (RSE) qui peuvent avoir dans certains cas des effets démocratiques.
Les expérimentations démocratiques qui se veulent à distance des institutions et de la « société », celles des communautés expérimentant des « styles de vie démocratiques », intéressent le colloque afin d’apprécier leurs effets parfois à long terme sur la construction d’une « grande communauté » (Dewey, 2010 [1927]). Mais il s’agit également de documenter des modalités d’action peu spectaculaires, où il est parfois moins question de « résister » que de « maintenir » une forme de vie démocratique par les actions les plus banales, au seuil du politique, sans être pour autant pensées contre la politique.
Le colloque sera le lieu d’une discussion structurée par huit thèmes qui, sans être mutuellement exclusifs, nous appellent d’une part à prendre la mesure de la déstabilisation des catégories de l’analyse politique par les évènements des dernières années, en France et dans le monde ; et d’autre part à penser ensemble ce qui défait et ce qui refait la démocratie.
1 – Capitalisme et déconsolidation démocratique
Si un temps le capitalisme a pu être vu comme une condition d’émergence et de stabilisation des démocraties libérales, il apparait désormais qu’il peut être un facteur dissolvant pour la démocratie et son idéal d’égalité. Comprendre comment et en quoi les transformations contemporaines du capitalisme influencent les fondations et institutions de la démocratie implique de saisir au moins deux processus. D’une part, il s’agit d’interroger la façon dont les transformations du capitalisme portent des régressions démocratiques. En quoi l’extension et la sécurisation des régimes d’accumulation, des rentes d’exploitation ou des politiques de l’offre conduisent acteurs publics et privés à imposer « moins de démocratie », de l’entreprise au parlement ? Comment procèdent-ils ? Jusqu’où le sentiment d’impuissance face aux règles économiques (caractère inexorable des licenciements, de la baisse des dépenses publiques) qui traverse la population conduit-il à une résignation civique et une
« déconsolidation » démocratique ? D’autre part, il convient de s’attarder, en retour, à la façon dont la production d’alternatives économiques s’ancre dans des imaginaires démocratiques renouvelés. Qui conteste l’hégémonie capitaliste au nom de la démocratie ? Quelles sont les expériences démocratiques concrètes, qui visent explicitement le dépassement du régime capitaliste ?
2 – Crise écologique et déconsolidation démocratique
Paradoxalement, alors que l’amplitude des catastrophes écologiques est parfois utilisée pour justifier une forme d’autoritarisme au nom de l’urgence, la déconstruction des politiques environnementales devient un marqueur pour des régimes affichant des stratégies de déconsolidation démocratique. Dans des contextes très différents, les institutions démocratiques semblent incapables de transformer les tensions liées aux crises écologiques en actions publiques à la hauteur des enjeux. De plus, la portée des expérimentations participatives est le plus souvent réduite à un domaine d’action ou un espace

local. Il s’agit de dépasser la mise en évidence des effets de démocratisation des innovations locales ou la critique de leurs portées pour s’intéresser aux changements apportés par ce nouveau contexte. Quelles sont les capacités de résistance des formes d’engagement localisées dans des contextes de déconstruction des institutions environnementales et de répression des mobilisations ? Quels sont les effets des tensions entre le maintien des injonctions aux changements des pratiques au nom de la transition écologique et la remise en cause des objectifs de démocratisation de la question environnementale ?
3 – Déconsolidation et reconsolidation
Comment caractériser le moment démocratique que nous vivons ? Les concepts prolifèrent avec plus ou moins de succès, tant pour qualifier les processus à l’œuvre que la nature des régimes mixtes qui s’expérimentent : démocraties illibérales, tournant autoritaire, déconsolidation démocratique… Aussi, à quels concepts se fier ? Dans quelle mesure font-ils controverses au sein de la communauté scientifique ? Si la notion de déconsolidation démocratique nous semble particulièrement heuristique, elle mérite d’être travaillée et discutée dans le contexte français. Au-delà des enjeux théoriques, quels sont les phénomènes qui caractérisent les processus de déconsolidation démocratique ? Dans quelle mesure peut-on identifier des formes de reconsolidation à l’œuvre, et lesquelles ?
4 – Pluralisme et dé-pluralisation
La démocratie a toujours été une modalité de régulation des conflits qui traversent la société en vue de fabriquer du commun, une façon de gérer leur pluralité (en termes de savoirs, de modes de vie, d’intérêts et de valeurs). Il nous semble néanmoins qu’au cœur des tensions démocratiques à l’œuvre se niche aujourd’hui une défiance accrue à l’égard du pluralisme, vue de façon croissante comme une source de polarisation menaçante pour la collectivité. Comment se manifeste cette défiance éventuelle à l’égard du pluralisme ? Que sait-on au juste des effets de la polarisation ? Comment résistent – voire s’inventent malgré tout- des formes de re-pluralisation et de prise en compte, instituées ou non, du pluralisme qui traverse nos sociétés ?
5 – Démocratie et extrême droite
Il s’agira de saisir le rapport de l’extrême-droite à la démocratie d’au moins deux façons. D’une part, du côté de l’offre politique, quelle est la nature du rapport théorique, programmatique et pratique à la démocratie des extrêmes-droites ? Y sont-elles nécessairement hostiles et comment leurs positions varient-elles selon les contextes nationaux ? Dans quelle mesure peut-on dessiner des affinités démocratiques variables selon les orientations politiques – la démocratie directe du côté de l’extrême- droite, la démocratie délibérative pour le reste du champ politique – ou ces modèles s’avère-t-ils trop caricaturaux ? Dans quelle mesure des expérimentations participatives peuvent être initiées par des gouvernements d’extrême-droite ? D’autre part, nous nous intéresserons au rapport à la démocratie des citoyens qui votent pour l’extrême-droite.
6 – Démocratie et droits : reculs, affaiblissements et protections/résistance des institutions
L’état de droit est aujourd’hui ouvertement attaqué, parfois au nom de la démocratie elle-même, « le gouvernement des juges » étant parfois vu comme une entrave à la souveraineté populaire. Dans des contextes très différents, les attaques contre les institutions dans la mission est de garantir les droits s’intensifient. Ces attaques visent soit à remettre en cause les solutions adoptées par les juridictions, soit à porter atteinte à leur statut (à leur indépendance en premier lieu), soit à influencer leur décision. Quelles formes prennent aujourd’hui les attaques sur les libertés publiques (libertés associatives, liberté d’expression, liberté de manifestation et de réunion, libertés académiques, etc.) ? Quels en sont

les agents et les dispositifs ? Dans quelle mesure le droit peut malgré tout constituer un rempart face à ces reculs démocratiques ?
7 – Ambivalence des offres de participation
La démocratie participative est aujourd’hui l’objet de rapports ambivalents : d’un côté, elle s’institutionnalise et se déploie des collectivités territoriales jusqu’aux plus hauts sommets de l’Etat, de l’autre, ses difficultés à redéfinir le partage du pouvoir et la division du travail politique invitent certains à s’en distancier voire à la remettre en cause. Ce thème visera à saisir de concert les attentes démocratiques des citoyens – l’état des connaissances concernant la demande sociale de participation et le rapport ordinaire à la démocratie demeurant là aussi ambivalent – et la réponse des institutions et de la société civile à ces attentes et à l’insatisfaction partagée à l’égard des formes prises par la concertation. Comment les entrepreneurs de la démocratie participative réagissent-iels à l’intensification des critiques ? Quel est l’effet de ces offres de participation sur les aspirations démocratiques des citoyen.es ? Contribuent-elles, malgré leurs limites, à fournir des raisons de de continuer à croire en la démocratie ou au contraire alimentent-elles un puissant sentiment de résignation ? En quoi et comment l’institutionnalisation de ces offres contribue-t-elle à délégitimer des formes de participation plus contestataires et/ou à masquer la dérive autoritaire des démocraties ?
8 – Démocratie, sciences et sociétés
L’engouement des sciences et recherches participatives permet d’aborder sous un angle complémentaire les enjeux démocratiques des rapports entre sciences et sociétés. Ces dispositifs de recherche transformationnelle modifient l’activité scientifique et posent un ensemble de questions sur les logiques d’engagement, les postures des acteurs, la nature des savoirs construits. Aussi quelle est la portée scientifique et démocratique de ces dispositifs ? Qu’a à gagner la science de la démocratie de la recherche participative ? Dans quelle mesure ces expériences de sciences participatives contribuent- elles à trouver des points d’appui pour résister à la déconsolidation démocratique, qu’il s’agisse des effets sur le pouvoir d’agir ou sur la re-pluralisation du monde ?
Sur ce thème, les contributions ont vocation à nourrir une table ronde réflexive sur le rôle des chercheurs. Une autre table ronde organisée par les partenaires du GIS envisagera les rapports entre sciences et sociétés sous l’angle de la demande sociale.
Modalités de soumission
Les propositions de contributions devront faire entre 3 000 et 5 000 signes. Elles indiqueront le thème dans lequel elles s’inscrivent, 5 mots clés. Elles préciseront également le nom des auteurs-autrices ou contributeurs-contributrices et leurs affiliations ou organisations.
Les propositions devront être déposées, au plus tard le 28 février 2025 (inclus) via la plateforme sciences-conf à l’adresse : https://congresgis2025.sciencesconf.org/. L’accès à la plateforme nécessite de créer un compte.
Pour toute question concernant l’AAC, le dépôt de votre proposition ou le colloque, merci d’écrire à : congresgis2025@sciencesconf.org et gis-dep@mshparisnord.fr.
Le colloque aura lieu à la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord, du 20 au 21 novembre 2025. 20, avenue George Sand 93210 La Plaine Saint-Denis Métro : Front Populaire (ligne 12)
Comité d’organisation du colloque
Loïc Blondiaux, Mathieu Brugidou, Jean-Michel Fourniau, Fabrizio Livigni, Alice Mazeaud, Patrice Melé, Lionel Scotto d’Appollonia, Sandrine Rui, Julien Talpin, Stéphanie Tawa Lama-Rewal.

Bibliographie
Bedock C. (2021). « Les jeunes français sont-ils moins attachés à la démocratie que les autres ? Une exploration du soutien aux alternatives non-démocratiques », dans Lardeux, L. ; Tiberj, V. (Dir.), Générations désenchantées : Jeunesses, politique et démocratie, Paris : La documentation française, pp.99-119.
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Dewey, J., 2010 [1927], Le public et ses problèmes, Paris : Folio Essai.
Foa R.S., Mounk Y., 2016, “The Danger of Deconsolidation, The Democratic Disconnect”, The Journal of Democracy, July 2016, Volume 27, Number 3, pp. 5-17.
Fourniau J.M., Blondiaux L., Bourg D., Cohendet M.-A., 2022, La démocratie écologique, Une pensée indisciplinée, Paris, Hermaan.
Gourgues G., Mazeaud A. 2022, « Une « participation d’État » sous contrôle, La neutralisation décisionnelle des dispositifs participatifs en France », Revue française de science politique 2022/5 Vol. 72, pp. 781-804
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Mair P., 2013, Ruling the void : the hollowing of western democracy, London, New York: Verso. Shoshana Z., 2019, The Age of Surveillance Capitalism: The Fight for a Human Future at the New Frontier of Power, New York: PublicAffairs.
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Van Neste S., Melé P., Larrue C., Transitions socioécologiques et milieux de vie, Entre expérimentation, politisation et institutionnalisation, Montréal : PUM.
Wuttke A., Gavras A., Schoen H., 2022, “Have Europeans Grown Tired of Democracy? New Evidence from Eighteen Consolidated Democracies, 1981–2018”, British Journal of Political Science, Number 52,
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